Alors que les premiers vélos à assistance électriques étaient dotés de motorisation lourdes et volumineuses, les motorisations actuelles sont de plus en plus intégrées. C’est beau, mais cela a des conséquences en terme de maintenance et de cycle de vie.

Dans le sillage du modèle industriel automobile, est-ce que nous voulons que nos vélos deviennent 100% dépendants du concessionnaire de la marque ? Ou avons-nous au contraire envie de transmettre nos vélos préférés à nos enfants, comme nos parents l’ont fait avec nous ? Avec un cas concret, celui de Continental, nous verrons que l’intégration de la motorisation n’est pas sans conséquences sur la réparabilité de nos vélos !

Les grandes orientation des motorisations de VAE

Depuis quelques années, la plupart des nouveautés présentées dans le domaine de la motorisation électrique pour vélo se partagent en 2 mondes :

Motorisations légères

D’un côté, les motorisations légères dans les roues, prévues pour les vélos entrée de gamme ou pour électrifier un vélo classique à moindre frais. Ces motorisations sont souvent peu coupleuses, elles misent plutôt sur la légèreté, le faible coût et la facilité d’installation (moteurs roue avant intégrant la batterie, moteur avec galet à friction fixé à la tige de selle…).

motorisations légères : moteur roue ou galet Rubbee

2 exemples de motorisations légères : un moteur roue à gauche et le concept Rubbee qui intègre la batterie et un galet qui entraîne la roue.

Motorisations intégrées

De l’autre côté, les motorisations intégrées, toujours plus high-tech, où plus un fil ne dépasse (Bosch, Shimano, Continental…). Les fabricants de ces motorisations défendent un modèle basé sur celui de l’industrie automobile (ce sont souvent des équipementiers automobile d’ailleurs) : des vélo à l’esthétique travaillée, conçus intégralement autour des composants principaux (moteurs, batteries, console), et donc dépendants de chacun de ces composants pour fonctionner.

Exemple de motorisation intégrée Bosch

Avec la motorisation intégrée Bosch, une ligne fluide

La troisième voie

Une 3ème voie existe cependant et ne fait pas beaucoup parler d’elle : celle des moteurs pédaliers venant se monter sur cadre de vélo classique. Le moteur prend juste la place du pédalier, avec lequel il est interchangeable. Ces moteurs peuvent être montés en 2ème monte sur des vélos classiques, mais ils nécessitent quelques compétences en mécanique vélo et l’outillage adapté. Ces motorisations sont aussi proposés par quelques fabricants en 1ère monte sur des vélos neufs (Oklö, mais aussi Gitane). Les plus connus sont le Bafang série BBS (renommé E-going chez Gitane), et le Pendix Edrive.

Exemple d'utilisation de la motorisation Pendix

Exemple d’utilisation de la motorisation Pendix eDrive

Les VAE High-Tech

Les vélos à assistance électrique haut de gamme tendent de plus en plus à être équipés d’une motorisation intégrée, suivant la 2ème voie que l’on a vu ci-dessus : moteurs intégrés au cadre, batteries dissimulées dans le tube diagonal, console parfois même intégrée dans la potence ou dans le cadre…

Angell bike console intégrée au guidon

Console intégrée dans la potence, sur le vélo Angell

Au rayon des avantages, ces motorisations intégrées sont bien plus esthétiques que les autres, et ça se remarque au premier coup d’œil.

Mais on peut noter 2 effets néfastes liés à cette intégration :

  • le poids d’un cadre englobant le moteur et la batterie est intrinsèquement plus important qu’un cadre traditionnel en tubes droits, à rigidité équivalente
  • cette conception place le client dans une dépendance totale vis-à-vis du fabricant de chacun des composants ! Si dans 10 ans, la batterie ne fonctionne plus, ou l’écran est cassé et que le fabricant ne distribue plus ces “vieux” modèles, c’est tout le vélo qui ne sera plus utilisable !

Dans l’actualité récente (celle d’avant le Coronavirus !) un exemple très concret est venu illustrer ce propos : le cas de Continental.

Le cas de Continental

Continental est un équipementier automobile. A l’instar de Bosch, Continental cherche à se diversifier pour réduire sa dépendance au marché automobile (dont l’avenir est très incertain). Depuis 2014, Continental propose des motorisations électriques haut de gamme, de plus en plus intégrées, pour séduire une clientèle passionnée par le High-Tech. En 2017, le communiqué de presse de la marque mettait en avant les nouvelles motorisations 48V, avec boite de vitesse intégrée. En 2018 encore, de nouveaux développements viennent étoffer la gamme. Kalkhoff intègre cette motorisation sur 4 modèles de sa gamme 2020 (modèles portant le nom 3-C).

Kalkhoff image 3 C advance

Mais fin 2019, patatra, un communiqué de presse (traduit en français ici) annonce l’arrêt des activités Ebike de Continental. La gamme 2020 sera bien fabriquée comme prévu mais les usines fermeront progressivement, pour cesser définitivement toute fourniture de pièces détachées à partir de 2022. Les marques proposant des VAE équipés de ces moteurs promettent d’assurer un stock tampon de pièces détachées pendant 5 ans. Et après ? Pour les propriétaires d’un vélo haut de gamme avec moteur continental, il ne reste plus qu’à espérer qu’il soit fiable, car à la première panne après 2025, il ne sera plus réparable. Bien sûr, il ne sera pas possible d’envisager un changement de moteur, car chaque marque a son interface spécifique sur le cadre. C’est donc le vélo complet qui ne sera plus réparable.

Le choix Oklö

Sans vouloir tomber dans le “C’était mieux avant”, nous avons fait le choix de la motorisation montée sur cadre standard. Nos cadres ne sont pas dessinés autour du moteur ni de la batterie.

Comme nous l’avons expliqué dans notre page sur la motorisation de nos vélos, nous avons résolument choisi cette option car elle rend nos clients indépendants de notre existence ou de celle du fabricant de nos moteurs (Bafang). La durée de vie de nos vélos pourra ainsi être bien supérieure à celle de vélos équipés de motorisation intégrée. En effet, si dans 10 ans l’assistance électrique ne fonctionne plus et n’est pas réparable, votre Oklö pourra avoir une 2nde vie en remplaçant son moteur par un autre moteur du moment (montable lui aussi sur cadre standard), ou même être remplacé par un pédalier classique, pour continuer sa vie sans assistance électrique.

Conclusion

Loin de nous l’idée de fustiger les motorisations intégrées. Elles correspondent à une évolution, et présentent de réels avantages. Mais ce n’est pas la seule voie. Nous espérons avec cet article mieux informer les consommateurs en passe d’investir dans un vélo électrique. Avec ces informations en main, vous pourrez choisir le vélo électrique qui vous correspond :

  • motorisation intégrée si l’esthétique prime pour vous.
  • motorisation pédalier sur cadre classique ou moteur roue si vous privilégiez l’entretien maison et la réparabilité à l’infini.